Le mot \"égoïsme\" sonne presque comme une accusation. Dans notre culture, il est teinté négativement : l'égoïste, c'est celui qui pense uniquement à lui-même, ne tient pas compte des autres, prend sans donner. Et lorsque quelqu'un commence à s'occuper de lui-même — dit \"non\", prend un jour de congé, se couche tôt, achète quelque chose de cher, — il est souvent accusé d'égoïsme. Mais est-ce vraiment le cas ? Ou s'agit-il simplement d'une tentative de survie, de conservation de soi pour être capable d'aider les autres ? Il est temps de déterminer où se situe la frontière entre une attention saine pour soi et un comportement égoïste.
L'égoïsme est une position de vie où les intérêts personnels sont mis au-dessus des intérêts des autres, souvent au détriment de ces derniers. L'égoïste ne s'occupe pas seulement de lui-même — il ignore les besoins des autres, utilise les autres comme un moyen d'atteindre ses objectifs, ne ressent pas de culpabilité lorsqu'il cause de la douleur. Son monde tourne autour de lui, et il ne voit pas de problème dans cela.
L'égoïsme n'a rien à voir avec l'attention portée à soi, car l'attention portée à soi ne cause pas de tort aux autres. Elle vise à préserver la santé, l'énergie et l'équilibre mental. Si vous vous couchez plus tôt pour ne pas brûler les pavés au travail, vous n'êtes pas égoïste, vous êtes responsable. Si vous refusez de prendre du travail supplémentaire pour passer du temps en famille, vous n'êtes pas égoïste, vous préservez l'équilibre. L'égoïste prendra le travail, mais il le passera à d'autres, sans se soucier de leur fatigue.
L'idée que penser à soi est honteux nous vient de différentes sources. D'abord, de la culture patriarcale où la femme doit se sacrifier pour la famille. Ensuite, de l'idéologie soviétique, qui glorifiait le collectif et condamnait l'individualisme. Enfin, des traditions religieuses où la soumission et l'abnegation étaient considérées comme des vertus.
Nulle part il n'est dit que l'on doit se détruire pour les autres. Au contraire, dans toute système sain, l'homme est une valeur. Mais le stéréotype reste : \"Si je pense à moi, je suis mauvais\". Et beaucoup continuent de vivre avec ce sentiment de culpabilité, même lorsqu'ils sont simplement fatigués et veulent se reposer.
Le premier et le plus important : le souci de soi est la base du souci des autres. Vous ne pourrez pas aider qui que ce soit si vous êtes au bord de l'épuisement. Comme dans l'avion : mettez d'abord votre masque d'oxygène, puis celui du bébé. Ce n'est pas de l'égoïsme, c'est la logique de la survie.
Deuxième : le souci de soi apprend aux autres à respecter vos limites. Lorsque vous dites \"je suis fatigué\" et que vous ne faites pas ce que vous ne pouvez pas, vous montrez l'exemple de relations saines. Vous apprenez aux enfants, aux collègues, aux amis que l'on peut et doit s'occuper de soi. Vous créez un espace où le respect de soi n'est pas condamné, mais encouragé.
Troisième : le souci de soi rend les autres plus efficaces dans l'aide aux autres. Un reposé, nourri, bien réveillé, l'homme peut donner plus que quelqu'un qui travaille contre sa volonté. C'est un fait.
La principale distinction est l'intention et les conséquences. Si vous vous occupez de vous pour être plus fort et plus utile aux autres, ce n'est pas de l'égoïsme. Si vous vous occupez de vous, en ignorant les besoins des autres et sans ressentir de pitié, c'est de l'égoïsme.
Le souci de soi est une question de reconstruction. L'égoïsme est une question de consommation. Le souci de soi est une question d'équilibre. L'égoïsme est une question de déséquilibre. Le souci de soi est une question de respect de soi et des autres. L'égoïsme est une question d'absence de respect des autres.
Par exemple, si vous prenez des vacances pour vous reposer et que vous prévenez vos collègues à l'avance, vous convenez de la substitution, c'est du souci de soi. Si vous partez en vacances sans prévenir personne et que vous laissez votre travail en l'état, c'est de l'égoïsme.
Le sentiment de culpabilité provient des stéréotypes que nous avons intégrés. Pour le réduire, posez-vous des questions : \"Qui va souffrir si je repose une heure ?\", \"Que va-t-il se passer si je dis non ?\", \"Pourquoi devrais-je me sacrifier pour que les autres se sentent à l'aise ?\". Les réponses montrent généralement que personne ne souffrira, et votre état s'améliorera.
Essayer de remplacer le mot \"égoïsme\" par \"autopreservation\" ou \"respect de soi\". Cela change la perception. Souvenez-vous que vous n'êtes pas tenu d'être parfait pour tout le monde. Vous avez le droit d'être fatigué, de vous reposer, de passer du temps pour vous. Ce n'est pas une luxure, c'est une nécessité.
L'égoïste ne s'occupe pas de soi — il utilise les autres. La personne qui s'occupe d'elle-même comprend que ses ressources sont limitées et qu'elle veut les utiliser de manière intelligente. C'est une position mature et responsable. C'est l'acceptation que vous êtes un homme, et non une machine. Et que la plus grande aide que vous pouvez apporter au monde est d'être en bonne santé, heureux et complet. Car seul un homme comme cela peut véritablement s'occuper des autres.
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