Le vingt-cinquième juillet. Pour de nombreux gens, c'est simplement un jour d'été où l'on souhaite se baigner dans une rivière ou une mer. Mais pour l'ONU et pour tous ceux qui sont impliqués dans la sécurité aquatique, c'est une date d'une signification particulière. La Journée mondiale de prévention des noyades a été instituée par l'Assemblée générale des Nations Unies en avril 2021. L'idée n'est pas venue de nulle part : selon l'Organisation mondiale de la santé, plus de 236 000 personnes meurent chaque année par noyade dans le monde. C'est plus que le nombre de victimes de certaines guerres. De plus, 90 % des cas se produisent dans des pays à faible et moyen revenu, et les enfants de moins de cinq ans sont le groupe le plus vulnérable.
Les noyades sont une épidémie silencieuse. On en parle rarement dans les nouvelles, elles ne deviennent pas des scandales. Chaque mort est une tragédie pour la famille, mais pas pour la société dans son ensemble. Nous avons l'habitude de penser que l'on peut noyer par imprudence. Mais en réalité, c'est un problème complexe lié à la pauvreté, à l'absence d'infrastructure, à l'absence d'éducation et même aux changements climatiques. Dans certains régions, les gens noient parce qu'ils sont forcés de traverser des rivières sans ponts, parce qu'ils ne savent pas nager, parce que l'eau monte à cause des inondations. Et ce n'est pas une «coincidence» — c'est un dysfonctionnement systémique.
Les enfants sont particulièrement vulnérables. Dans les pays d'Afrique et d'Asie du Sud-Est, les enfants restent souvent sans surveillance près de l'eau. Ils noient dans les rigoles, les étangs, les rivières. Leurs parents travaillent dans les champs ou dans les usines, et ils n'ont pas la possibilité de suivre chaque pas. Selon l'UNICEF, au cours des dix dernières années, plus de 300 000 enfants ont noyé, et la plupart d'entre eux ont moins de cinq ans. Ce n'est pas une statistique, c'est des vies perdues qui auraient pu être sauvées.
Malgré l'ampleur du problème, il a une solution simple. L'OMS recommande quatre mesures clés : l'installation de barrières autour des plans d'eau, l'enseignement de la natation aux enfants, l'enseignement des techniques de sauvetage et de premiers secours. Ces mesures ont prouvé leur efficacité. Par exemple, au Bangladesh, où les noyades sont l'une des principales causes de mortalité chez les enfants, des jardins d'enfants aquatiques et des programmes d'enseignement de la natation ont été créés. En quelques années, le niveau de noyades chez les enfants a diminué de 70 %.
Il est également important d'enseigner aux gens comment aider une personne qui noie. Beaucoup noient parce que les sauveteurs ne savent pas agir correctement. Ou parce qu'il n'y a pas de bouées de sauvetage. Dans certains pays, la simple distribution de condoms pour l'eau (pop-ups colorés) réduit le risque. Mais le plus important est l'éducation. Si un enfant sait qu'il ne faut pas plonger dans un endroit inconnu, si il sait nager, si les parents savent contrôler l'accès à l'eau, cela peut déjà sauver une vie.
L'OMS recommande d'inclure l'enseignement de la natation dans le programme scolaire. Ce n'est pas seulement pour le sport, c'est pour la survie. En Australie, en Nouvelle-Zélande et dans les pays scandinaves, de telles programmes fonctionnent depuis des décennies, et le niveau de noyades y est considérablement inférieur. Cependant, dans les pays pauvres, il n'y a pas de ressources pour cela. C'est pourquoi les organisations internationales et les fondations de bienfaisance développent des programmes adaptatifs qui peuvent être mis en œuvre même avec un budget limité. Par exemple, utiliser des matériaux locaux pour l'enseignement, attirer des volontaires parmi les pêcheurs ou les sauveteurs locaux.
Il existe plusieurs mythes qui empêchent une aide efficace. Le premier : «Le noyé crie toujours». En réalité, le plus souvent, le noyé ne peut pas appeler à l'aide parce qu'il dépense toutes ses forces pour rester à la surface. Ses mouvements deviennent hétéroclites, il ne peut pas battre des bras. Par conséquent, il est important de surveiller le comportement des gens dans l'eau, en particulier les enfants.
Deuxième mythe : «Si quelqu'un noie, il ne peut pas être sauvé». En réalité, il y a un espoir si on le sort de l'eau dans les 5 à 6 minutes. Mais il est important de savoir faire l'artificiel respiratoire et le massage cardiaque indirect. Et ici aussi, il faut une préparation. Par conséquent, l'apprentissage des bases du sauvetage est une tâche non seulement des sauveteurs, mais de la société dans son ensemble.
Troisième mythe : «Seuls ceux qui ne savent pas nager noient». Ce n'est pas vrai. Beaucoup de bons nageurs noient à cause de crampes, de hypothermie, de courants forts ou d'intoxication alcoolique. Il est particulièrement dangereux de nager dans des endroits inconnus où il y a des courants sous-marins ou des sources d'eau froide. L'alcool réduit la coordination et la capacité à évaluer le danger, donc il est présent dans chaque troisième mort dans l'eau.
La Journée mondiale de prévention des noyades n'est pas seulement un prétexte pour des statistiques. C'est une opportunité d'action. Nous pouvons suivre des cours de premiers secours. Nous pouvons apprendre à nager à nos enfants. Nous pouvons installer des barrières autour des plans d'eau si nous vivons à proximité. Nous pouvons soutenir les organisations qui s'occupent de la sécurité aquatique.
Nous pouvons également cesser d'être indifférents. Si nous voyons quelqu'un en danger, nous ne devons pas nous tourner dos. Nous devons appeler à l'aide, jeter des objets de sauvetage, mais sans risquer notre propre vie. Et nous devons parler du problème pour qu'il cesse d'être invisible.
Le vingt-cinquième juillet est un jour où nous nous rappelons à nous-mêmes et aux autres : l'eau n'est pas seulement une joie, c'est aussi un danger. Elle nécessite du respect et de l'attention. Les noyades sont presque toujours préventables. Et chacun de nous peut contribuer à rendre le monde plus sûr. Parce que la vie sauvée dans l'eau est une vie prolongée sur terre. Et cette vie est importante.
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