Les femmes d'origine africaine ont tracé leur chemin dans le sport depuis des siècles, en affrontant un double obstacle - la discrimination raciale et l'inégalité entre les sexes. Aujourd'hui, ces obstacles sont progressivement abattus grâce à un réseau d'organisations qui ne se contentent pas de parler d'égalité, mais créent des opportunités réelles. Du niveau panafricain aux projets locaux dans la diaspora, ces structures changent le paysage du sport mondial, en démontrant que le talent n'a pas de couleur de peau, mais que l'accès à lui l'a.
Sur le continent africain, des dizaines d'organisations sont actives, dont la mission est de rendre le sport accessible, équitable et inspirant pour les femmes et les filles.
L'une des structures les plus importantes est l'African Women in Sports Initiative (AWISI), une organisation non gouvernementale panafricaine avec son siège en Ouganda. Son objectif est de briser les barrières et de créer des opportunités pour les femmes et les filles dans tous les domaines du sport. L'AWISI réunit plus de 500 membres de différents pays du continent, favorisant le développement du leadership et l'implication des femmes dans l'industrie sportive. Aujourd'hui, l'organisation dessert 700 femmes dans 30 pays africains, promouvant l'égalité des sexes, l'innovation et le développement économique durable dans le secteur sportif. En 2025, l'AWISI a annoncé la création du premier comité volontaire, un pas important dans l'institutionnalisation du mouvement.
En parallèle, l'African Women in Sport Association (AWISA), une des organisations régionales africaines reconnues par le Groupe de travail international sur les femmes et le sport (IWG), travaille à l'intégration des femmes dans les structures sportives à tous les niveaux - de la gestion à la participation aux compétitions.
Le conseil sportif de l'Union africaine (AUSC Region 5) a développé trois programmes clés pour soutenir les femmes dans le sport : Women Leadership Programme, Female Leaders of Tomorrow et Girls Positive and Safe Coaching Pathway. Ces initiatives atteignent chaque année 200 femmes dans 10 pays grâce à l'encadrement, aux formations en leadership et à l'advocacy pour l'égalité des sexes. Les programmes visent à ce que les femmes qui étaient précédemment à la marge du sport deviennent des leaders d'équipe, organisent des compétitions et participent à la prise de décision déterminant le développement du jeu.
YALI Sport Africa est un mouvement sportif bénévole créé par les diplômés et les partisans de l'initiative Young African Leaders Initiative (YALI). Ses participants sont inspirés par la force transformative du sport et cherchent à contribuer à la réalisation des objectifs de développement du continent africain.
Hors d'Afrique, il existe également des organisations qui créent un espace pour les femmes d'origine africaine dans le sport.
Au Royaume-Uni, la société Black Women in Sport a été à l'origine de la création de Black Women In Sports Day (7 juillet), une journée dédiée non seulement à célébrer les succès des femmes noires dans l'industrie sportive, mais aussi à défendre l'égalité raciale et de genre.
Aux États-Unis, Sportsimist, fondée par Sarah Parker, crée un communauté de soutien pour les femmes noires dans le sport [reference:13]. L'organisation organise un Sportsimist Summit annuel - un événement d'une journée réunissant des femmes travaillant dans le sport par le biais de programmes ciblés et de discussions enrichissantes.
Black Girls Tennis Club est une organisation à but non lucratif qui encourage les femmes et les filles noires à jouer au tennis. Aujourd'hui, elle fonctionne en Virginie et à New York, offrant des programmes, collabore avec les autorités municipales pour réparer les courts, documente l'histoire du tennis noir et crée un réservoir de talents pour les jeunes femmes noires qui souhaitent devenir entraîneuses de tennis.
Au Canada, le Women Of Colour Hockey Collective (WCHC) crée un espace, une visibilité et des opportunités pour les filles noires dans le hockey. L'organisation s'élargit avec les communautés qu'elle dessert et continue de réaliser des initiatives clés, y compris des programmes publics, l'encadrement, le racontage d'histoires, l'advocacy et le soutien financier des joueuses et de leurs familles.
De nombreuses sportives d'origine africaine créent leurs propres fonds pour soutenir la génération suivante.
SimiSleighs Adebayo, skieuse de bobsleigh nigériane devenue la première Afro-américaine à participer aux Jeux olympiques d'hiver dans ce sport, offre des bourses et des programmes de leadership pour les sportives à travers l'Afrique via sa SimiSleighs Foundation [reference:19].
Thembi Kgatlana, footballeuse sud-africaine, a fondé la Thembi Kgatlana Foundation afin que aucune fille ne soit obligée de choisir entre un rêve et une opportunité.
gsport est l'initiative africaine leader en matière de promotion des femmes dans le sport, fondée en 2006. Elle se concentre sur l'amélioration du potentiel commercial des sportives et des autres femmes dans l'industrie sportive. En 2022, gsport a organisé la première réunion en ligne panafricaine #gsportAfrica, réunissant des femmes de différents pays du continent pour échanger des idées, identifier des problèmes et mobiliser pour le changement.
Les grandes organisations sportives lancent également des initiatives visant à soutenir les femmes d'origine africaine.
BAL4HER est une initiative de la Ligue africaine de basket-ball (BAL) qui ouvre la porte aux femmes en basket-ball au-delà du terrain - dans la leadership, l'encadrement, l'entrepreneuriat et la carrière professionnelle dans l'industrie sportive. Le programme inclut des cliniques de basket-ball de trois jours visant à impliquer les femmes.
World Rugby a lancé le programme Impact Champions en partenariat avec UK Sport, dans lequel ont participé 12 femmes de six unions de rugby africains. Les participantes ont reçu une formation professionnelle, de l'encadrement et un financement de départ pour mettre en œuvre des initiatives ciblées pour le développement du rugby féminin dans leurs pays.
Malgré les progrès, les femmes d'origine africaine continuent de faire face à des barrières systémiques : financement insuffisant, manque d'accès à de l'équipement de qualité et aux entraîneurs, stéréotypes culturels et représentation insuffisante dans les organes de direction. Les recherches montrent que pour assurer des opportunités égales, il est nécessaire d'initiatives organisationnelles telles que le coaching professionnel, l'encadrement, le parrainage et les réseaux de soutien.
La nomination de Kirsty Coventry en tant que première présidente femme du Comité international olympique et le premier leader africain à ce poste ouvre de nouvelles perspectives. Ses priorités - le soutien des jeunes sportifs, l'élargissement des opportunités pour les femmes dans le sport et l'attraction de nouveaux pays au Mouvement olympique - peuvent accélérer de manière significative les changements positifs sur le continent.
Les organisations mentionnées dans cet article ne représentent qu'une partie d'un mouvement croissant. Elles prouvent : quand les femmes se soutiennent mutuellement, quand il existe des structures qui ouvrent les portes, des changements ne se limitent pas à des vies individuelles, mais à des sports entiers. Et ce n'est que le début.
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